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L’ÉPOPÉE DU CANAL DE SUEZ – Des Pharaons au XXIe siècle

28 mars - 5 août

Depuis le 26 mars 2018, l’Institut du monde arabe retrace l’une des plus passionnantes entreprises humaines : L’épopée du Canal de Suez. Des Pharaons à Ferdinand de Lesseps, du projet de Bonaparte à la nationalisation sous Nasser, cette saga extraordinaire de plus de 4000 ans est mise en scène dans une exposition-évènement réunissant les personnalités puissantes, les défis surhumains, les anecdotes, les temps forts qui ont ponctué l’histoire singulière de ce lieu symbolique, jonction entre trois continents : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Raconter cette histoire, c’est montrer l’histoire du monde et des grandes civilisations qui se sont alliées et confrontées sur ce point névralgique du commerce entre les hommes, entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest. C’est aussi faire voir la renaissance à la fois politique, économique et culturelle du plus vieil État du monde qui est en même temps le premier d’un monde arabe en devenir.

Suivant un principe cinématographique, l’exposition propose une entrée en matière directe et immersive au visiteur en le plongeant au cœur de l’inauguration de 1869, puis lui fait remonter le temps en reprenant le développement historique de cette épopée.

Objets archéologiques, maquettes, photographies, films d’époques… ponctuent le parcours qui déroule l’histoire de l’Égypte et celle du monde dans cette exposition- fleuve qui part des Pharaons pour entrainer les visiteurs jusqu’aux aux tous derniers travaux contemporains d’extension et de dédoublement.

DÉJÀ LES PHARAONS… (1850 AV. j.-C.)

 

C’est le Pharaon Sésostris III qui, en reliant le Nil à la Mer Rouge, va le premier, 18 siècles avant notre ère, rendre la navigation possible entre la Méditerranée et les mers du Sud. Ce Canal antique, ensablé parfois, constamment remis en état, va continuer à exister pendant plus de 20 siècles. Après qu’il soit devenu inutilisable, de nouveaux projets apparaissent à Constantinople ou à Venise, sans parvenir à voir le jour.

L’exposition présente les œuvres antiques qui montrent l’importance du Canal pour l’Égypte : une histoire qui n’a cessé de façonner ce bout de Canal. Grâce à de nombreuses maquettes, le visiteur découvre ce que fut l’audace de ce chantier pharaonique pour lequel des machines sont inventées et mises pour la première fois à l’essai.

 

La percée dans le désert que fut le Canal à ses débuts est décrit par un plan-relief créé pour l’exposition universelle de 1878, mais aussi par des modèles réduits des machines et des bateaux de l’époque, des gravures et des photographies, en même temps que des films qui reflètent la vision contrastée que les Égyptiens et les Européens se feront beaucoup plus tard de cette réalisation.

VERS L’ÉGYPTE MODERNE, OU QUAND LE RÊVE SE FAIT RÉALITÉ (1797-1849)

 

Le Canal de Suez est un projet égyptien parce qu’il prend place dans une Égypte en renaissance. Après avoir été confrontée à la modernité européenne par Bonaparte, l’Égypte reprend vie à partir de 1806 sous le règne de Méhémet Ali et de ses descendants. La nouvelle dynastie, de plus en plus indépendante de l’empire ottoman, modernise le pays à tour de bras en faisant venir des experts français. Parmi ces experts, Ferdinand de Lesseps, un personnage inclassable, diplomate, aventurier de génie, va porter à bout de bras un projet déjà étudié par les ingénieurs de Bonaparte, puis par les Saint-Simoniens, mais face auquel Méhémet Ali était resté très méfiant : celui d’un Canal de pleine mer traversant l’isthme de Suez. Ferdinand de Lesseps et Saïd Pacha, souverain moderniste d’Égypte et petit- fils de Méhémet Ali qui a hérité des pouvoirs de son grand père, se lancent seuls dans l’aventure, qui se pour- suivra jusqu’en 1869 sous l’impulsion du Khédive Ismaïl Pacha, son neveu, qui lui succède en 1863. L’Égypte est en marche vers le progrès. Le creusement du Canal est évoqué dans l’exposition par les nombreuses archives de l’Association de la mémoire de Ferdinand de Lesseps : sculptures, photographies, plans, gravures, peintures

LE CANAL AU CŒUR DES CONVOITISES (1854-1882)

À l’époque d’optimisme où Ismaïl Pacha croit pouvoir dire que son pays « n’est plus en Afrique mais en Europe » va succéder une période plus noire. Banqueroute, mainmise étrangère, occupation militaire anglaise à partir de 1882. Le Canal devenu une œuvre mythique pour les Européens reste un lieu mythique devient pour les Égyptiens un symbole de servitude où pourtant la vie continue, les villes se construisent, la campagne reverdit. Cette mémoire contrastée est montrée à travers des images, des films, des tableaux. La zone du Canal de Suez devient, en Égypte un monde à part, extraterritorial, avec son mode de vie propre, son cosmopolitisme différent de celui du Caire et d’Alexandrie. Le visiteur peut sur un très beau panorama mobile traverser le Canal comme on le faisait encore en 1920 sur la route des Indes ou de l’Extrême Orient et rêver au charme des voyages au long cours.

LES ASPIRATIONS DE L’ÉGYPTE À L’INDÉPENDANCE (1914-1945)

Après la Première Guerre mondiale, les Égyptiens se révoltent en 1919 contre la présence de la Grande Bretagne qui proclame en 1920 une indépendance partielle ainsi qu’une constitution parlementaire. En 1936, lors du traité de Londres, le royaume d’Égypte accède à une indépendance internationalement reconnue : la protection du Canal de Suez reste sous monopole britannique pour vingt ans seulement.

LE CANAL AUX ÉGYPTIENS (1956)

 

1956 : après la 2e guerre mondiale, sous la sérénité apparente, le monde arabe aspire à son indépendance, la révolte gronde. Après avoir été accueilli dans l’exposition par le faste théâtralisé de l’inauguration de 1869, le visiteur se retrouve désormais en immersion au cœur de la grande scène de 1956 : celle du discours où Nasser annonce le jour de la fête nationale à une foule emportée par l’enthousiasme que le Canal de Suez est nationalisé. L’exposition consacre un vaste espace à ce moment clef, à la mise en pratique de cette décision, aux souvenirs qu’elle suscite chez ceux qui en ont été témoins et en n à l’opération militaire et le fiasco qui a suivi.

UN NOUVEAU MONDE ÉMERGE (1956-1975)

Le fiasco de l’expédition franco-anglo-israélienne de 1956, contrecarrée par les Américains et les Russes, marque la n de l’impérialisme colonial européen, alors que Russes et Américains régentent L’Europe centrale ou l’Amérique latine. Le Canal désormais égyptien continue à fonctionner, les contentieux politique et financier sont apurés. Mais très vite le Canal redevient une zone de guerre : celle des six jours d’abord, en 1967 suivi de la fermeture du Canal et de six ans de combats sporadiques mais meurtriers, puis celle de 1973 avec le franchissement du Canal, par les Égyptiens. Le résultat final de cet exploit, largement illustré dans l’exposition, va être la reprise de la navigation puis les accords de paix israélo-égyptiens.

LE CANAL DU FUTUR (1975-2018)

Entre 1975 et 2015 le Canal est considérablement élargi, approfondi, modernisé. Il devient une des principales sources de devises pour l’Égypte qui, en 2015, se lance dans un nouveau projet pharaonique : celui du doublement ainsi que de la création d’une vaste zone industrielle et d’urbanisation appelée à attirer vers elle des millions d’habitants. C’est cette Égypte du futur que découvre alors le visiteur avant de pouvoir rêver à nouveau d’un grand voyage tou- jours possible, même si le décor en a changé, tel que le montrent les images filmées qui viennent clore l’exposition, parcourant aujourd’hui les 193 kilomètres de la mythique voie d’eau.

Ce parcours de l’exposition est commenté par Frédéric Mitterrand dans un audioguide.

Détails

Début :
28 mars
Fin :
5 août

Lieu

INSTITUT DU MONDE ARABE
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
PARIS, 75005 France
+ Google Map
Téléphone :
+ 33 (0)1 40 51 38 38
Site Web :
https://www.imarabe.org/fr
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