31 décembre 2019 ; personne ne s’attend à ce que l’année qui va s’ouvrir sera lourde de conséquence en matière de santé., causée par un virus, le Coronavirus COVID-19 qui s’est déclaré en Chine.
L’Organisation Mondiale de la Santé  (OMS) précise que :
Les coronavirus (CoV) forment une grande famille de virus qui provoquent des manifestations allant du simple rhume à des maladies plus graves tels que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Un nouveau coronavirus (nCoV) est une nouvelle souche de coronavirus qui n’a pas encore été identifiée chez l’homme.

Les coronavirus sont zoonotiques, c’est-à-dire qu’ils se transmettent de l’animal à l’homme. Des enquêtes détaillées ont révélé que le SARS-CoV se transmettait de la civette à l’homme et le MERS-CoV du dromadaire à l’homme. Plusieurs coronavirus connus qui n’ont pas encore infecté l’homme circulent chez certains animaux.

Les signes courants d’infection sont les symptômes respiratoires, la fièvre, la toux, l’essoufflement et la dyspnée. Dans les cas plus graves, l’infection peut provoquer une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale et même la mort.

Les recommandations standard pour prévenir la propagation de l’infection comprennent le lavage régulier des mains, le fait de se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse et éternue et une cuisson complète de la viande et des œufs. Il faut éviter les contacts étroits avec toute personne présentant des symptômes de maladie respiratoire tels que la toux et les éternuements.

ORIGINE DU VIRUS.

Il semble que ce n’est qu’en fin décembre 2019 que la Chine alerte l’OMS sur les cas de « pneumonie » enregistrés  dans la ville de Wuhan (Province Hubei de Chine) générés par un virus encore inconnu.
Le 3 janvier 2020, 44 patients en sont atteints et 282 cas sont confirmés le 20 janvier suivant. À la suite de la réunion du Comité d’urgence de l’OMS, le 22 janvier 2020, le Directeur Général déclare : »
Comme vous le savez, la situation est complexe et évolue constamment.
Je tiens à remercier le Dr Houssin, qui dirige le Comité d’urgence, ainsi que l’ensemble des membres du Comité, les conseillers et les personnes qui ont présenté des exposés aujourd’hui.
J’ai été très impressionné par Ia précision et la profondeur de l’exposé présenté par la Chine.
Je salue également la coopération du Ministre chinois de la santé, avec lequel je me suis entretenu directement au cours des dernières semaines. Son leadership et l’intervention du Président Xi Jinping et du Premier Ministre Li Keqiang, ainsi que toutes les mesures qu’ils ont prises pour faire face à la flambée, ont été d’une importance inestimable.
Les débats du Comité aujourd’hui ont été très intéressants, mais il est apparu clairement que, pour pouvoir poursuivre, nous avons besoin de plus d’informations.
C’est pourquoi j’ai décidé de demander au Comité d’urgence de se réunir à nouveau demain afin de poursuivre la discussion, et cette demande a été acceptée par le Président, le Dr Houssin.
La déclaration, ou non, d’une urgence de santé publique de portée internationale est une décision que je prends très au sérieux et je ne suis prêt à la prendre qu’après un examen approprié de toutes les données.
Notre équipe en Chine collabore avec des experts et des responsables locaux pour enquêter sur la flambée.
Nous aurons beaucoup plus de choses à dire demain.  »

Ayant pris des nouvelles mesures de confinement (fermeture des réseaux de transport public dans la ville de Wuhan, ainsi que dans d’autres villes à proximité), le lendemain, 23 janvier 2020, la Chine informe le Comité d’Urgence qu’elle recense 557 cas confirmés. Pourtant la divergence des membres du Comité enregistrait une décision sur le fait que cette épidémie ne constituait pas ne urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Aussi, le Comité donne l’avis suivant : « Compte tenu du fait que la situation épidémiologique évolue et que déclarer ou non une USPPI présente un caractère binaire restrictif, l’OMS devrait envisager un système plus nuancé, qui permettrait un niveau d’alerte intermédiaire. Un tel système permettrait de mieux refléter la gravité d’une flambée, son impact, et les mesures requises; et d’améliorer la coordination internationale, y compris les efforts de recherche pour mettre au point des contre-mesures médicales. »

Le développement du virus en Chine conduit la France à prendre un arrêté le 30 janvier 2020 relatif à la situation des personnes ayant séjourné dans une zone atteinte par l’épidémie de virus 2019-nCov, afin de rapatrier ces personnes dans un centre d’hébergement.

Le 10 février 2020 on enregistre plus de 42.500 personnes contaminées à travers le monde, dont 400 hors de Chine, répartis dans 28 pays. Concernant les décès, la barre des 1000 morts a été dépassée pour atteindre 1013 décès à travers le monde, dont 1011 en Chine.

Le 11 février, deux hauts responsables de la commission provinciale de la Santé de la province de  Hubei, épicentre de l’épidémie du coronavirus,ont été limogés :  Zhang Jin, le principal responsable du groupe communiste pour la Commission provinciale de la Santé, et Liu Yingzi, directrice de la Commission provinciale de la Santé du Hubei. Wang Hesheng,  membre du Comité permanent du Comité du PCC pour la province du Hubei, chef adjoint de la Commission nationale de la Santé, a été nommé à été nommé pour les remplacer.

Cela fait suite au mécontentement et à la colère de la population envers les autorités, accusées de laxisme et de manque de réaction face aux premiers cas de la maladie, apparue dès décembre 2019 à Wuhan. ce mécontentement a été amplifié après le décès , le 7 février dernier, de l’ophtalmologue Li Wenliang, 34 ans, l’un des premiers médecins  à avoir donné l’alerte sur ce nouveau coronavirus.— (@CNN) February 4, 2020).

En France, le 15 février 2020, le ministère des Solidarités et de la Santé annonçait le 15 février,  un 12e cas de contamination au coronavirus en Haute-Savoie [efn_note] Le communiqué de presse : « Depuis son arrivée à l’hôpital, il était régulièrement évalué et testé. Un prélèvement s’est révélé positif ce jour au coronavirus. Cela souligne la pertinence des mesures d’isolement préconisées pour les personnes contacts à risque élevé mises en place en France.»

La France compte désormais douze cas confirmés de COVID-19, dont six dans le cadre d’une contamination groupée, dans un chalet des Contamines-Montjoie. Au 15 février, quatre patients sont guéris et sortis de l’hôpital et un patient est décédé [/efn_note].

Le 27 février 2020, le Directeur général de l’OMS décrit une situation plus que préoccupante, invitant tous les pays à agir contre le virus qui a « un potentiel pandémique»

Lors d’une interview sur Euope 1, Frédéric Valletoux, Président de la Fédération Hospitalière de France déclarait ce même jour que les hôpitaux ont les moyens de faire face à l’épidémie, «moyens techniques et humains, moyens matériels  avec une capacité en nombre de lits suffisante , 108 hôpitaux couvrent tout le territoire, il n’y a pas un département français  dans lequel un hôpital  ne puisse accueillir un malade détecté, la réponse sanitaire est là, et repose sur cet hôpital public […].»

©NK- Salle d’opération

Il est vrai que la France en était, à cette date, au premier des trois stades de cette épidémie du coronavirus.  La ministre. des Solidarités et de la Santé, Madame Agnès Buzyn, dans son discours de passation de pouvoir du 17 février dernier, ne déclarait elle pas que « […]. Les défis ne manquent pas et le plus immédiat d’entre eux, c’est évidement la gestion du coronavirus. Je tiens à rassurer les Français et à leur dire que le dispositif opérationnel de gestion du coronavirus est solide : je me suis assurée que tout était en place. Les mesures que nous avons prises ces dernières semaines sont efficaces. La mobilisation de l’ensemble du système de santé a été exceptionnelle. Je remercie tous les professionnels de santé de première ligne, médecins libéraux, SAMU, qui ont été en capacité d’assurer une détection précoce des cas suspects. La montée en puissance du dispositif hospitalier a également été remarquable. Je le sais, notre système est résilient et capable d’absorber le risque auquel nous faisons face […].»

Le 28 février 2020, la France passe au stade 2 de la crise, avec des mesures plus contraignantes : « […] toujours avec l’objectif de limiter la diffusion du virus par le brassage des populations, le Gouvernement a décidé d’adopter une politique de prévention plus stricte en matière de rassemblements.
Dans les « clusters », dans l’Oise et à Labalme, tous les rassemblements seront interdits jusqu’à nouvel ordre.

Sur le reste du territoire national, tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu confiné seront annulés et les préfets recevront des indications pour annuler également, en lien avec les maires, les rassemblements, y compris en milieu ouvert, quand ils conduisent à des mélanges avec des personnes issues de zones où le virus circule possiblement.

À ce titre, par exemple, en lien avec la maire de Paris et le maire de Cannes, seront annulés le semi-marathon de Paris prévu dimanche 1er mars, ainsi que le salon « MIPIM » à Cannes prévu du 10 au 13 mars. Le Carnaval d’Annecy, prévu du 6 au 8 mars, sera également annulé […]» [efn_note] Compte-rendu du Conseil des ministres du 29 février 2020 consacré au coronavirus COVID-19 [/efn_note] . Le Salon International de l’Agriculture 2020 n’a pas échappé à cette règle d’interdiction de rassemblement de plus de 5000 personnes en milieu confiné, en fermant ses portes un jour plus tôt que prévu. Pour le département de l’Oise,  où un professeur était décédé suite à sa contamination par le virus,la décision de fermer  les établissements scolaires  a été  également prise au cours de ce Conseil des ministres.

Le 11 mars 2020, lors du Conseil des ministres de nouvelles règles sont fixées car, «[…]c‘est dans l’objectif de freiner l’épidémie que les mesures de gestion ont été graduellement renforcées par le Président de la République et le Gouvernement. Sur le territoire national, tous les rassemblements de plus de 1 000 personnes, en milieu ouvert comme en milieu confiné, sont interdits à l’exception des évènements indispensables à la continuité de la vie de la Nation comme les élections municipales à venir […].»

Le 12 mars 2020, à trois jours du premier tour des élections municipales, le président de la République, Monsieur Emmanuel MACRON, s’adresse aux françaises et français, en annonçant le maintien de ce premier tour : «[…] Dans ce contexte, j’ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales, dont le premier tour se tiendra dans quelques jours. Ils considèrent que rien ne s’oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes. J’ai aussi demandé au Premier ministre, il l’a fait encore ce matin, de consulter largement toutes les familles politiques, et elles ont exprimé la même volonté.[efn_note] Déclaration télévisée du président de la République, le 12 mars 2020 [/efn_note]. La fermeture «[…] dès lundi (NDLR 16 mars 2020) et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités […].» Le samedi 13 mars, c’est au tour des restaurants et de tous les commerces non-essentiels à la vie de la Nation de clore leurs portes, ainsi que l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes.

Dans son allocution du 16 mars 2020, le président de la République a décidé le renforcement des mesures, en réduisant les déplacements et interdisant les regroupements extérieurs et les réunions familiales ou amicales, exception faite «[…] pour aller faire ses courses avec de la discipline et en mettant les distances d’au moins un mètre, en ne serrant pas la main, en ne s’embrassant pas, les trajets nécessaires pour se soigner, évidemment, les trajets nécessaires pour aller travailler si le travail à distance n’est pas possible […].»

Le Professeur Didier RAOULT, infectiologue, Directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, inscrit comme membre  sur la liste du Conseil scientifique Covid-19, installé le  11 mars 2020,  ne semble plus participer aux avis de ce conseil, dès le 16 mars suivant.

À ce stade, « Il faut garder raison […] les vrais docteurs font des diagnostics et traitent les gens[•••]», explique-t-il dans la vidéo suivante :

Il prône l’administration de la chloroquine aux malades du coronavirus, «[…] bientôt, il n’y en aura plus dans les pharmacies[…], dit-il ironiquement.

«Nous sommes en guerre».

Le président de la République a rappelé le 25 mars 2020, lors de son déplacement à Mulhouse, les termes de son allocution télévisée du 16 mars dernier  : « […] je vous ai dit il y a quelques jours que nous étions engagés dans une guerre, une guerre contre un ennemi invisible, ce virus, le Covid-19 et cette ville, ce territoire porte les morsures de celui-ci. Lorsqu’on engage une guerre, on s’y engage tout entier, on s’y mobilise dans l’unité[…].»

Le 26 mars 2020, dans son allocution à l’intention des chefs d’État lors du Sommet extraordinaire des dirigeants du G20 sur la COVID-19 le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, a déclaré :
«Nous sommes réunis pour faire front contre une crise sanitaire qui marquera notre époque.
Nous sommes en guerre contre un virus qui menace de nous déchirer, si nous nous laissons faire.
Presqu’un demi-million de personnes ont déjà été infectées, et plus de 20 000 ont perdu la vie.
La pandémie connaît une croissance exponentielle.
Il a fallu 67 jours pour franchir le cap des premiers 100 000 cas. Il a suffi de 11 jours de plus pour franchir le cap des 200 000, de 4 jours de plus pour arriver à 300 000, et enfin, de 2 jours de plus pour atteindre les 400 000.
Si des mesures drastiques ne sont pas prises dans tous les pays, les morts pourraient se compter par millions.
Seul le temps permettra de mesurer l’ampleur des répercussions sociales, économiques et politiques.
Mais nous savons que le prix que nous finirons par payer dépendra des choix que nous faisons maintenant.
Nous traversons une crise mondiale à laquelle il faut opposer une riposte mondiale.
Aujourd’hui, j’ai trois choses à vous demander, chers dirigeants :

«LUTTEZ».
La première, c’est de lutter, de mener un combat acharné, de jeter toutes vos forces dans la bataille.
Luttez comme si vos vies en dépendaient, parce que c’est le cas.
La meilleure façon – et même la seule – de sauver des vies et de protéger les moyens de subsistance et les économies est d’endiguer le virus.
Il n’y a aucune excuse valable. Il ne faut avoir aucun regret.
Nous vous remercions pour les sacrifices que vos gouvernements et vos populations ont déjà consentis.
Des restrictions drastiques des interactions sociales et de l’activité économique ont été imposées dans nombre de vos pays, avec la fermeture des écoles et des entreprises et le confinement des populations.
Ces mesures atténueront l’épidémie, mais n’en viendront pas à bout.
Nous devons aller plus loin.
Nous devons immédiatement constituer et élargir un vivier d’agents de santé qu’il faut former et déployer afin de détecter, tester, isoler et traiter chaque cas, dont il faut également chercher les contacts.
Ce n’est pas une option, c’est une obligation.

«UNISSEZ-VOUS».
La deuxième chose que je vous demande, c’est de vous unir.
Aucun pays ne viendra à bout de cette crise tout seul.
Nous sommes tous dans le même bateau, et ce n’est qu’ensemble que nous nous en sortirons.
Cela signifie qu’il nous faut revoir notre copie en matière de solidarité mondiale : nous devons partager nos expériences, notre savoir-faire et nos ressources, nous devons collaborer pour que les voies d’approvisionnement restent ouvertes, et nous devons apporter notre soutien aux nations qui en ont besoin.
La pénurie mondiale d’équipements de protection individuelle met en danger les répondants de première ligne, ce qui nous met tous en danger.
Nous appelons toutes vos nations à en accroître la production, à lever les barrières à l’exportation et à garantir l’équité de la distribution.

«SOYEZ DES CATALYSEURS».
Enfin, troisième chose, soyez des catalyseurs.
Réorientez la force industrielle de vos nations pour contribuer à cet effort.
Catalysez la production mondiale pour qu’elle se concentre sur les outils dont nous avons besoin maintenant pour sauver des vies.
Catalysez l’innovation pour qu’elle converge vers les vaccins et les traitements.
Et soyez les catalyseurs d’un mouvement mondial pour que cela ne se reproduise jamais.
Ce que nous faisons aujourd’hui aura des conséquences dans les décennies à venir.
Nous perdons beaucoup à cause de la COVID-19. Mais nous gagnons aussi une occasion de faire bloc contre une menace commune et de construire un avenir commun.
Certes, nous ne parlons pas tous la même langue et nous ne croyons pas tous à la même chose, mais nous sommes tous constitués des mêmes éléments. Nous faisons tous partie de l’espèce humaine.
Luttez.
Unissez-vous.
Soyez des catalyseurs.
Et prenons tous la même résolution : plus jamais ça.»


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